Proyecto de Documentación Ñuke Mapu
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 LETTRE OUVERTE ADRESSÉE AU PRESIDENT DU CHILI,

RICARDO LAGOS

MINISTERE DE L’INTÉRIEUR DU GOUVERNEMENT CHILIEN,

PARIS LE 30 AVRIL 2000



* AL PRESIDENTE DE CHILE, RICARDO LAGOS, PALACIO DE LA MONEDA, SANTIAGO,
CHILE FAX : 0056.2.690.40.20.
* MINISTERIO DEL INTERIOR DEL GOBIERNO DE CHILE, MINISTRO DE L’INTERIOR, JOSE MIGUEL INSULZA,
FAX : 00.56.2.69.90.394.
* MINISTERIO DE JUSTICIA, MINISTRO DE JUSTICIA, MORANDE 107, SANTIAGO. FAX : 0056.2.696.45.58.
* INTENDENCIA IX REGION, SENORA BERTA BELMAR, BULNES 590, TEMUKO, CHILE. FAX : 00.56.45.20.82.17.
* PRESIDENTE DE LA CORTE DE APELACIONE Y MINISTROS JULIO CESAR GRANDON, LEOPOLDO LLANOS, Y MINISTRO SENORA GEORGINA SOLIS : ARTURO PRAT 535, EDIFICIO AAP DE LA FRONTERA, TEMUKO, CHILE.
FAX :00.56.45.27.18.91/00.56.45.27.18.81.



                   Nous dénonçons la répression faite à l’encontre du peuple Mapuche.
A ce jour, 10 prisonniers politiques Mapuche se trouvent en grève de la faim à Temuko. Sous le chef d’accusation d’infraction de la Loi de Sécurité Intérieure de l’Etat. Le gouvernement chilien applique des lois pinochetistes (Loi n°12.927 et Loi Antiterroriste), et refuse d’agir selon les normes définies dans le Droit International, relatif aux conventionsdes Droits de l’Homme et Droits des Peuples Autochtones.

" Ainsi au cours de ces derniers mois, nombreuses sont les organisations et communautés Mapuche à avoir souffert des conséquences de la répression gouvernementale, parce que considérées comme opposantes au gouvernement et une menace pour la sécurité intérieure de l’Etat. Les dirigeants Mapuche des communautés en conflits territoriaux avec les entreprises forestières et d’organisations qui réclament l’autonomie politique du Peuple Mapuche ont été, en particulier, persécutés et emprisonnés. La majeure partie a  été jugée par des tribunaux militaires et accusée de délits violents, basés sur des accusations montées de toute pièce, des preuves frauduleuses, des faux témoins  ou des confessions obtenues sous la torture ou d’autres formes de mauvais traitements. Comme durant les pires années de la dictature d’Augusto Pinochet, à l’intérieur du pays  s’est configurée une mortelle alliance entre le capital transnational, la police et l’Etat afin d’implanter une sale guerre contre le Peuple Mapuche" 1

Les prisonniers politiques Mapuche : VICTOR ANCALAF LLAUPE, ARIEL ANCALAF LLAUPE, JULIO HUENTECURA LLANCALEO, ITALO QUEVEDO TAPIA, ROBERTO HUENTECOL, JOSÉ MUNOZ MARILEO, JULIO MARILEO CALFUQUEO se trouvent en grève de la faim illimitée. Ils sont soumis à une double peine, sur l’article C du paragraphe III de la loi N° 12.927, pilier de la Constitution chilienne, mise en vigueur en 1980, par l’ex-dictateur Pinochet, et inchangée à ce jour. Le seul fait d’appartenir à une organisation est en soi un délit et remet ainsi en question le droit de se regrouper librement et d’expression au sein d’un espace « démocratique » . De plus, cette loi permet la militarisation du Territoire Mapuche et une forte répression envers les communautés mapuche. De fait l’application de la Loi de Sécurité Intérieure de L’Etat décrétée présentement par l’Intendante Madame Berta Belmar est en soi une atteinte aux libertés d’expression et d’association inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte International sur les Droits Civils et Politiques, Convention Américaine des Droits de l’Homme, et de toute la législation internationale.

L’omniprésence des multinationales forestières comme Forestal Mininco sur le Territoire Mapuche s’appuie sur des milices privées telles que OSEPAR qui infligent un climat de terreur au sein des communautés mapuche. Les trop nombreuses exactions de ces multinationales ont été notifiées dans le Rapport des Droits de l’Homme.2 Les précédentes affaires judiciaires de prisonniers politiques Mapuche ont fait apparaître les responsabilités directes des multinationales dans des « auto-incendies », et d’avoir soudoyé des faux témoins pour inculper les dirigeants Mapuches3.

La base de l’inculpation des prisonniers politiques Mapuche est un témoignage recueilli par le Ministre en Visite, M. Julio César Grandón. Il apparaît des plus douteux : M. Pedro Maldonado Urra, connu pour ces relations avec des membres de l’ entreprise  Forestal Mininco S.A., a incriminé sous une brutale pression psychologique et physique quatre des prisonniers politiques Mapuche de tentative d’homicide involontaire,et d’incendie prémédité, les autres ayant pour chef d’inculpation séquestration de fonctionnaires du Tribunal de Collipulli . Après cette dénonciation il est resté en isolement pendant 15 jours à la prison de Temuko. Son état psychologique et physique est des plus précaires, il a reconnu à diverses reprises et devant les juges qu’il avait mentit sur sa déclaration. Pedro Maldonado Urra lors de sa déclaration au Tribunal de Collipulli a été torturé violemment par la Police Nationale et les Forces Spéciales sous la responsabilité des commandants Roli Rivera et Helmun Schulback. Nous dénonçons également le manque d’éthique professionnelle de la juge Madame Georgina Solis et du Ministre Leopoldo Llanos qui ne prennent pas acte des tortures et des déclarations d’innocence de tous les prévenus. Selon l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et spécificié dans la Convention contre la Torture et Autres Traitements ou Peines Cruelles, Inhumaines ou Dégradantes des Nations Unies, la torture est définie comme : « tout acte par lequel sont infligées intentionnellement à une personne  des douleurs ou des souffrances graves, physiques ou mentales, dans le but d’obtenir de sa part ou d’une tierce personne de l’information ou une confession…quand ces douleurs ou souffrances sont infligées par un fonctionnaire publique ou une autre personne dans l’exercice de ses fonctions publiques, à son insu,ou avec son consentement ou acquiescement »

La répression judiciaire, tortures, mauvais traitements, discrimination… auxquels ils sont soumis est intolérable face au Droit International. Leur état de santé nous inquiète puiqu’à ce jour, les prisonnier politiques Mapuche, incarcérés depuis le 28 mars, ont décidé de se mettre en grève de la faim illimitée, soutenus par les membres de leurs familles à l’extérieur des enceintes pénitentiares. Au total, 30 personnes grévistes de la faim qui par cette action exigent la libération immédiate de tous les prisonniers politiques Mapuche, et dénoncent toutes les persécutions et les violations des Droits de l’Homme dont ils sont l’objet.

Nous demandons au gouvernement chilien de mettre un terme à toutes ces exactions, qui ont aboutit  à l’incarcération de 400 Mapuche pour l’année 1999. Attendons que le nécessaire soit fait dans l’immédiat pour la mise en liberté inconditionnelle de tous les prisonniers politiques Mapuche et la levée de l’application de la Loi de Sécurité Intérieure de l’Etat.

Nous réitérons notre demande pour que les autorités chiliennes garantissent aux Mapuche et à leurs défenseurs les conditions nécessaires pour la libre réalisation de leurs activités en application  des droits et des libertés fondamentales. Nous rappelons que la Convention Américaine des Droits de l’Homme, le Pacte International de Droits Politiques et Civils, la Déclaration sur la Protection de Toutes les Personnes contre la Torture et Autres Mauvais Traitements, Peines Cruelles, Inhumaines et Dégradantes de 1975, la Déclaration Interaméricaine de Droits de l’Homme, à l’Ensemble de Principes de la O.N.U. pour la Protection de Toutes les Personnes Soumises à Toutes Formes de Détention ou de Prison  protègent les prisonniers politiques Mapuche. De même que la Déclaration Universelle des Droits des Peuples Indigènes de la O.N.U. établit que « Les Peuples Indigènes ont le droit à la libre détermination. En vertu de ce droit ils établissent librement leur condition politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.»  Article 3.
 

Nous demandons au gouvernement chilien, en vertu des textes précités :
 

Pour faire valoir ce que de Droit,




Signataires :

LAS ORGANIZACIONES :
COLLECTIF NO JUSTICIA NO PAZ
COLLECTIF SANS FRONTIERES
COMITE DE APOYO AL PUEBLO MAPUCHE, Montreal Canada
CNT-AIT, Confederación Nacional del Trabajo
ECRITS PURS
FRANCE AMÉRIQUE-LATINE – FRANCIA AMERICA LATINA
FRANCE LIBERTES FONDATION DANIELLE MITTERRAND – FRANCIA LIBERTADES FUNDACION DANIELLE MITTERRAND
GRUPO de APOYO a LEONARD PELTIER – FRANCIA
HIJOS-PARIS, Asociación de hijos de desaparecidos y ex-detenidos argentinos
HUILLIWERKEN
I.C.R.A. INTERNATIONAL COMMISSION FOR THE RIGHTS OF THE ABORIGINAL PEOPLES – COMISION INTERNACIONAL POR LOS DERECHOS DE LOS PUEBLOS INDIGENAS, Comision Chile
LA LICORNE
LA MICRO, Asociación de hijos de desaparecidos y ex-detenidos chilenos
MAPUCHE INTERNATIONAL LINK – ENLACE MAPUCHE INTERNATIONAL, BRISTOL, INGLETERA
MOUVEMENT DES GENS DE LA TERRE - MOVIMIENTO GENTE DE LA TIERRA
NEWEN- Grupo de Apoyo a la Coordinadora de Comunidades en Conflicto Arauko-Malleko.
NITASSINAN-CSIA, Comité de Solidaridad a los Indígenas de Américas.
RED ALTERNATIVA POR LA LIBERACION DE LOS PRESOS POLITICOS MAPUCHE
RELMU
SURVIVAL INTERNATIONAL
UK MAPUCHE SUPPORT GROUP
ZIG ZAGS Association d’Ethnologies

LAS PERSONALIDADES :




Notes

1.   Coordinadora Mapuche Arauko-Malleko,1999, Wallmapuche, Rapport annuel des Droits de l’Homme : P6,

2. Coordinadora Mapuche Arauko-Malleko, 1998, Violaciones de Derechos Humanos en comunidades mapuches.

3. Nous nous réferons aux précédentes affaires de prisonniers politiques Mapuche de septembre 1999 à Collipulli, où le Tribunal de Temuko a pris finalement note du témoignage de P. Cisfuentes qui a avoué avoir été considérablement payé pour inculper les dirigeants Mapuche : V. Ancalaf , L. Ancalaf, A. Tori…Un autre jugement en aout 1999 à Cuyinco a mis en évidence la responsabilité directe de l’entreprise  Bosque Arauco S.A dans un incendie. Le présent Rapport Annuel  des Droits de l’Homme, qu’a établit la Coordinadora Mapuche Arauko-Malleko, fait état de nombreuses exactions commises par les multinationales forestières et autres ainsi que par les milices avec qui elles travaillent, auto incendies, montages de tous pièces, diffamation, corruption de faux témoins, tortures, menaces…à l’encontre du Peuple Mapuche.