Centro de Documentación Mapuche Documentation Center

DECLARATION PUBLIQUE

Osorno, le 13 Février 2001

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Les communautés mapuche huilliche des commnunes de San Juan de la Costa, Rio Negro et Purranque concernées par la Route Côtière, réunies en assemblée et après 3 mois de travail, exposons aux autorités et à l’opinion publique ce qui suit :

1 -Nous vivons des ressources naturelles côtières qui sont faites des forêts, des plages de la mer et des fleuves. D’elles, nous obtenons l’eau pour notre consommation et celle de nos animaux, le chauffage et le bois que nous utilisons et que nous vendons, les plantes médicinales pour notre santé, les algues marines pour notre alimentation. Le territoire côtier sur lequel nous vivons inclus des territoires sacrés d’une importance majeure et qui ont un grand attrait touristique.

2 - La construction d’une autoroute côtière, avec les caractéristiques du projet actuel, affecterait directement nos ressources et l’approvisionnement que nous en tirons. Par exemple :

ØContamination des eaux des fleuves et estuaires par des sédiments et des ordures,

ØDestruction des lieux de pâturages et malmènerait nos animaux domestiques et ceux vivant dans les forêts.

ØDiminution de nos ressources en chauffage, en bois, en plantes médicinales et autres.

ces effets seraient produits aussi bien par les travaux de construction de l’autoroute que par l’arrivée future de grandes entreprises forestières et touristiques. Les entreprises forestières viendraient exploiter de façon massive nos forêts dans lesquelles nous sommes nés pour les remplacer par des plantations de pins et d’eucalyptus, espèces qui détruisent notre milieu de vie ambiant et qui est en désaccord avec notre mode de vie. Les entreprises touristiques s’approprieraient nos lieux les plus beaux.

3 -Les travaux de la Route côtière ont été commencés sans que nous n’ayons été ni informés, ni consulté bien que cela soit réalisé sur notre territoire et par conséquent nous porte préjudice.

4 - Nos droits territoriaux, hérités de nos ancêtres ne sont pas respectés, ni non plus la Loi Indigène n° 19.253 qui fait référence à la protection et à la reconnaissance des terres indigènes.

5 - Le manière dont la route côtière doit être réalisée, de part ses caractéristiques même, implique la détérioration de notre culture, la dépossession de nos terres et la perte de nos ressources naturelles, ce qui conduit à la mort du peuple mapuche.

6 - Sous prétexte de résoudre notre pauvreté, et de nous sortir de notre isolement, ils créent les conditions pour la venue d’un type de développement qui ne nous a jamais favorisés et qui augmentera les niveaux de pauvreté et la migration vers les villes

7 - Le Ministère des Travaux Publics, à travers la Direction de la Voirie Publique Régionale, n’a pas respecté les accords qu’ils avaient pris avec ces familles huilliche qui ont constaté que leurs droits été perdus, signalant que le respect de leurs titres de propriété étaient consignés à l’article 95 du Décret de Loi 1.939 de 1977 stipulant «Qu’ils seront obligés de céder gratuitement au Fisc leurs terrains pour les chemins, chemins de fer, télégraphes et autres œuvres publiques en général déterminées par les autorités compétentes. Cette obligation subsisterait durant un laps de temps de 5 ans». Ce qui se passe n’est en fait pas autre chose que d’outrepasser le droit de propriété et tomber dans l’illégalité pour ne pas respecter le décret de la Loi Indigène.

En vertu de ce qui précéde, nous exposons ::

a)Notre refus de la construction de la Route Cotière, et de l’arrivée de grandes entreprises forestières, de pêche et minières, qui constituent une menace pour la reproduction matérielle et culturelle de notre peuple.

b)Notre droit d’être informés et de participer aux décisions qui sont prises

c)La reconnaissance de notre territoire et notre droit à la propriété de nos terres et de nos eaux, ainsi que le respect de notre Nuke Mapu (Mère Terre)et de la diversité culturelle qu’offre notre peuple huilliche.

d)La nécessité de construire et d’améliorer nos chemins vicinaux, comme alternative pour nos sortir de notre isolement et de notre pauvreté.

e)Le droit d’être appuyés par les institutions gouvernementales pour atteindre un développement maintenant notre identité et offrant des perspectives d’avenir.

Convaincus de la certitude de nos demandes et des droits du peuple huilliche

Communauté Lafquen Mahuidam de Caleta Milagro

Communauté Mapulafquen de Pulameno
Communauté Trafunco Los Bados
Communauté Maicolpi
Communauté Caleta Hueyelhue
Communauté Nirehue
Communauté Caleta Condor
Communauté Mahuidantu de Bahia San Pedro
Junta General des Caciques de la Butahuillimapu

Traduction en français faite par Domoaukafé

Paris, le 1er Mars 2001