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Les dirigeants PEHUENCHES accusent les colons et le gouvernement :
Nouvelle stratégie de répression du gouvernement chilien, assassinat dans l'Alto BIO BIO

Un nouveau mort mapuche

ON CONTINUE D’ASSASSINER DES PEHUENCHES SUR L’ALTO BIO BIO

27 Décembre 2002

Par PEDRO CAYUQUEO

Kolectivo Lientur
 
 

Un nouvel assassinat politique endeuille, ces jours-ci, les communautés Pehuenches en conflit de la vallée du fleuve Queuco (cordillère), les mêmes qui, depuis 1999 et jusqu'à maintenant impulsent un puissant mouvement de récupération territoriale, qui a dérouté tant les centaines de colons chiliens qui depuis des décades s’installent dans cette zone, que l'actionnaire même de l'état et ses institutions toujours disposé à défendre les intérêts des usurpateurs et en aucun cas les légitimes droits des victimes de cet historique dépouillement.

Cette fois, la victime de la vraie violence terroriste présente dans le conflit Mapuche-Chilien, a été le jeune Jorge Arturo Saurez Marihuan, Pehuenche de 27 ans de la communauté de Malla-Malla, paramédical de profession, qui avait étrangement disparu de sa maison le 5 de décembre passé et dont le corps a été retrouvé sans vie à côté du fleuve Queuco, le 11 décembre passé. Selon des témoins, le corps du frère Jorge présentait d’évidentes et claires traces de torture au moment quand il a été découvert par des gens du secteur connu comme Chinchitahue.

Le jeune pehuenche, frère du Lonko de la communauté Segundo Suarez est membre du Conseil Traditionnel de Lonkos de l’ Alto Bio-Bio, était membre actif du processus de récupération territorial dans cette zone du territoire Mapuche, processus pour lequel les communautés de Trapa-Trapa, Butalelbun,Malla-Malla et Caunicù ont lutté ensemble. Elles ont déjà récupéré 16 milles hectares de terre sur les 30 milles qui sont en conflit celui - ci oppose l’état, les entreprises transnationales, les colons de la dite zone de la huitième région, et les communautés.

La mort étrange du frère Jorge Suarez qui s’ajoute aux assassinats du 12 juillet 2002 des frères Mauricio et Agustina Huenupe Pavian, portes paroles de la communauté Caunicu del Alto Bio-Bio et également membre du Conseil Traditionnel de Lonkos, révèle une nouvelle forme de répression sélective dans le cadre du conflit Mapuche. L’action de groupes anti - Mapuches, au travers d’assassinats directs dirigés vers des leaders de la résistance Pehuenche, facilitent l’intervention directe dans la zone de l’appareil d’état et la réalisation des méga - projets que les entreprises internationales comme Endesa-Espana, par exemple, ont dans leurs bureaux.
 
 
 

Les Pehuenches réclament justice:

Ainsi à Santa Barbara, un appel fervent a été lancé par les dirigeants du Conseil de Lonkos de l‘Alto Bio-Bio, pour que la justice chilienne ne laisse pas dans l’impunité le récent assassinat de Jorge Suarez Marihuan, lesquels par ailleurs ont dénoncé la complicité des autorités du gouvernement et des colons chiliens sur ce crime brutal.

Nous rendons responsable le gouverneur Esteban Krausse de la mort de notre frère, c’est le gouvernement qui a divisé les communautés pehuenches et a privilégié le dialogue avec un secteur minoritaire de dirigeants alliés des winkas (terme qui désigne les colons chiliens) usurpateurs dans cette la zone, générant ainsi un climat de violence sur nos terres.... Nous sommes ici, devant un assassinat politique dont nous exigeons qu’il soit éclaircit et dont les responsables doivent être incarcérés. Assez d’injustices, comme dans le cas des frères Huenope Pavian, assassinés eux aussi, par des colons et des pehuenches pro gouvernementaux et qui bien que responsables se promènent libres dans les rues a déclaré a Radio BIO BIO Pedro Suarez, dirigeant Pehuenche et frère du jeune assassiné.
Il faut se souvenir que pour l’assassinat des frères Agustina et Josè Mauricio Huenupe Pavian, le juge des crimes de Los Angeles a inculpé comme auteurs des faits deux pehuenches de la communauté Cauñicu et comme complices plus d’une douzaine de membres des communautés et colons chiliens de la zone. Beaucoup des personnes en relation avec les faits appartiennent à l’Association des Lonkos de l’Alto BIO BIO, association pro gouvernemental dirigée dans la Vallée de Queuco par le porte parole Agustin Correa (dirigeant expulsé durant l’année 2000 de la résistance au barrage RALKO) et qui vendredi 16 Août 2003 a réalisée une marche dans les rues de Los Angeles exigeant la liberté pour les pehuenches détenus par la police, plusieurs des auteurs ayant confessé leur participation dans le double assassinat. Aujourd’hui la majorité d’entre eux jouissent de liberté provisoire.

COMMUNIQUE

Rejoignant les déclarations du dirigeant Pedro Suarez et au travers d’un communiqué public, les dirigeants de la communauté pehuenche Malla Malla à laquelle appartient le jeune assassiné, dénoncent en plus un traitement discriminatoire de la part de la police concernent les enquêtes sur les responsable sur la disparition de jeune membre des communautés et ensuite de sa mort.
 

"Face à la déclaration de présumée malchance relative à la disparition de Jorge Suarez, sa recherche s’est arrêtée et s’est limitée uniquement à donner des ordres une fois que sa famille et ses amis ont trouvé le corps, attitude trés différente de celle tenue dans d’autres cas de disparitions qui ont affectés des familles huinkas de la zone. D’un autre côté, jusqu’au 18 décembre le juge de Santa Barbara n’avait donné aucun ordre à la justice pour rechercher en quelles circonstances est mort notre frère, situation qui est une atteinte directe à nos droits" ont-ils dénoncé.
 

De la même manière les membres de la communauté accusent le Service Médico légal d’occulter des informations importantes sur les causes de la mort du jeune membre de communauté, signalant " jusqu’à aujourd’hui il a été refusé à la famille d’avoir accès à l’information du médecin légiste, argumentant du secret et du fait que seul le jugea peut avoir accès à cette information, de telle manière que le 12 Décembre alors qu’on attendait le corps à l’entrée du l’Institut Médico Légal, Monsieur Guido Rios (Chef de Cabinet de la préfecture) à demandé à ce service de lui fournir les informations".
Il semble que non seulement l’assassinat de membres de communautés par les carabiniers, mais aussi l’arrestation sélective de dirigeants Mapuches, les encerclements policiers les écoutes téléphoniques et la divulgation d’informations fausses et douteuses sur les moyens de communication font partie de l’actuelle stratégie utilisée par le gouvernement chilien pour désarticuler le mouvement Mapuche, comme l’a lui même reconnu il y a quelques semaines à Conception le sous secrétaire de l’intérieur Jorge Correa Sutil.

A ce scénario digne des pires temps de la dictature militaire d’Augusto Pinochet s’ajoutent aujourd’hui l’assassinat de dirigeants et membres de communautés par des groupes para militaires et opposants aux mobilisations développées par les communautés dans la défense de leurs droits territoriaux et politiques.

Communiqué de la communauté Pehuenche de Malla Malla Alto Bio Bio 27 décembre 2003
 

Après la tentative de destitution du Lonko de la communauté Malla Malla par les fonctionnaires du gouvernement, assimilant son autorité traditionnelle à celle d’un simple groupe de voisins (organisations de quartiers au Chili N.D.T.) ou à d’autres organisations, action qui en plus de méconnaître une institution millénaire et légitime de notre peuple, veut créer la division de nos communautés, s’ajoute aujourd’hui le brutal assassinat de Jorge Suarez Marihuan qui jusqu’à sa mort a travaillé avec sa communauté dans le processus de récupération territoriale.

Face à cette attaque criminelle contre notre culture et nos frères, nous dénonçons comme pehuenches face à l’opinion publique nationale et internationale :
 

1 "Face à la déclaration de présumée malchance relative à la disparition de Jorge Suarez, sa recherche s’est arrêtée et s’est limitée uniquement à donner des ordres une fois que sa famille et ses amis ont trouvé le corps, attitude trés différente de celle tenue dans d’autres cas de disparitions qui ont affectés des familles de la région"

2 Il a été refusé à la famille d’avoir accès à l’information du médecin légiste, argumentant du secret et du fait que seul le jugea peut avoir accès à cette information, de telle manière que le 12 Décembre alors qu’on attendait le corps à l’entrée du l’Institut Médico Légal, Monsieur Guido Rios (Chef de Cabinet de la préfecture) à demandé à ce service de lui fournir les informations".

3 .Jusqu’au 18 décembre le juge de Santa Barbara n’a donné aucun ordre à la police pour rechercher les raisons et les circonstances de la mort de notre frère Jorge Suarez Marihuan.

Tous ces faits qui révèlent le traitement que réserve le gouvernement à notre communauté, nous font réaffirmer notre volonté de continuer dans la récupération territoriale et la défense de notre peuple.

Conseil des Lonkos de l’Alto Bio BIO